Pourquoi la céramique est vitale pour vos plantes à caudex ?
L’esthétique des pots en céramique n’est pas la seule raison de choisir cette matière pour planter ses plantes à caudex, en réalité, c’est aussi un moyen de garantir la santé de ces plantes fragiles.
- Un des gros problèmes avec ces plantes, c’est la gestion de l’arrosage, on a toujours tendance à arroser trop et, surtout, à laisser l’excès d’eau trop longtemps. Cet excès peut non seulement faire pourrir les racines, mais aussi le caudex au complet. Du coup, l’utilisation de pots troués qui permettent l’évacuation de l’eau et surélevés pour garantir que les racines respirent sont presque indispensable. La matière est aussi cruciale, là ou le plastique va empécher l’eau de s’écouler ailleurs que par le fonds du pot, la céramique va permettre au substrat de sécher plus uniformément, comme il est poreux.
- Un autre avantage, c’est l’inertie thermique grâce aux parois épaisses des pots très texturés du style wabi-sabi. Au soleil, le pot se réchauffe beaucoup moins rapidement, protégeant les fragiles racines, même chose pour le froid qui va mettre plus de temps à toucher le caudex. Dernier avantage de la céramique, c’est son poids. Les plantes à caudex étant rapidement très lourdes et massives, un petit pot en plastique ne pourra jamais en garantir la stabilité. Ou alors il faut un très grand pot avec beaucoup de substrat, ce qu’on évite généralement de faire avec les plante à caudex, là aussi pour éviter que le substrat reste humide trop longtemps et que les racines pourrissent.
De l’inspiration japonaise au four d’Aegerten
Mes plantes à caudex étant encore loin d’être adultes, j’ai encore le temps de leur trouver des pots, ils sont dans des pots en plastique, les bébés nécessitant plus d’humidité que les adultes. Comme je suis pas mal de comptes Instagrams Japonais, qui sont très forts sur le design et la culture des caudex, c’est là que j’y ai trouvé mon inspiration. Et comme ma femme a un four inutilisé depuis 30 ans et capable d’atteindre les 1300°C, je me suis dit, autant le faire moi même !
Après la réparation du four, je me suis attelé à la fabrication des pots, merci à tous ceux qui partagent leurs techniques sur internet, c’est tellement génial de pouvoir apprendre comme ça ! J’ai quelques règles dans mes designs, que j’ai essayé d’appliquer tant bien que mal.
Mon cahier des charges : Le design au service de la plante
- Avoir des textures très profondes dans la terre, un peu pour rappeler les caudex de Dioscorea.
- La recherche de l’imperfection et de l’inégalité, je ne cherche pas à avoir une former parfaite, mais une forme sauvage, rappelant les endroits arides ou les plantes à caudex poussent.
- Les couleurs terres, noirs, rouges, métalliques, le pot doit complémenter le caudex, pas être le centre de l’attention en ayant des couleurs trop flashy.
- Le fond doit être percé avec un gros trou, pour pouvoir y mettre un petit grillage pour que le substrat ne passe pas à travers.
- Il doit y avoir des pieds ou un fond irrégulier pour que l’air puisse passer sous les racines de la plante.
- Niveau forme le plus libre possible, certaines seront adaptés à des plantes mais pas à d’autres.
- Pour la taille, là aussi libre, avec une base de 7 x 7 x 7 qui est la taille actuelle de mes pots en plastique et me semble suffisant pour la majorité des caudex de 3 ans (ma cible).
Retours d’expérience : Ce que ma première fournée m’a appris
En bref:
- J’ai utilisé des oxydes de fer noir et rouge, mais le rouge n’est pas si rouge une fois chauffé à 1250°C. Une seule couche dilluée donne un orange léger, trop de couches devient presque noir.
- J’adore la lasure bronze, appliqué à l’éponge on peut vraiment faire des trucs cool pour souligner les textures. Je vais trouver de nouvelles couleurs métalliques pour varier.
- Pour faire des empreintes, genre appliquer de la terre sur du bois, la maïzena marche très bien pour éviter que ça colle.
- Certains pots ne sont pas assez profonds, en tout cas pas pour des caudex adultes, il faut que j’assure une profondeur minimum sur une prochaine fournée.
- Plus les textures sont profondes, plus c’est joli (pour mon goût), donc ne pas hésiter à y aller plus fort.
- Je vais essayer d’utiliser des engobes pour avoir une différence de couleur plus marquées entre les fissures et la surface, genre terre blanche et englobe noir.
- J’ai oublié de faire des trous sur certains pots, la honte !
- Pour faire des pieds, le plus simple c’est de faire un fond épais et de tracer des rainures plutôt que de coller des pieds, et c’est plus joli.
Bientôt disponibles à la vente ?
Mon projet depuis le début pour caudex.ch, c’est de vendre mes plantes à caudex, cultivées depuis les graines, plantés dans leurs pots faits mains par moi-même. Ceci, à la fois pour assurer une traçabilité claire et propre pour les plantes que pour avoir des produits uniques et augmenter le « panier moyen » des futurs acheteurs.
J’ai déjà utilisé quelques pots pour des cactus que je voulais rempoter, mais il m’en reste, et du coup je me demande si c’est intéressant de les vendre maintenant ou plus tard, sans plante avec. Il y a pas mal d’amateurs de cactus, de plantes à caudex et de succulentes en Suisse qui cherchent peut-être des pots en céramique de style wabi-sabi et qui seraient intéressés. A voir, je vais peut-être faire un test sur Etsy ou sur Facebook Market Place.
Je vous laisse avec la galerie complète, n’hésitez pas à me dire ce que vous en pensez !